Guérir grâce à la neuroplasticité, une entrevue du psychiatre Norman Doidge

Guérir grâce à la neuroplasticité, une entrevue du psychiatre Norman Doidge

Le cerveau humain est plastique. À chaque fois qu’une personne pose une action, pense à quelque chose ou bien ressent une émotion, son cerveau reçoit des informations qu’il utilise pout modifier sa structure.

C’est ce que l’on nomme la neuroplasticité!

La reconnaissance récente de ce phénomène par la communauté scientifique ouvre de nouvelles perspectives en neurobiologie et en médecine : en renouvelant notre compréhension du fonctionnement du cerveau ainsi que le traitement de certaines maladies liées au système nerveux.

Le psychiatre Norman Doidge s’est intéressé de près à cette capacité d’adaptation du cerveau en publiant deux importants ouvrages de vulgarisation. Dans son premier livre, Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau (2007), il décrit ce qu’est la neuroplasticité tandis que son second, Guérir grâce à la neuroplasticité (2015), explique comment elle fonctionne.

Voici une entrevue, menée par notre collègue Yvo Mentes de l’association Feldenkrais France, où le docteur Doidge expose les grandes lignes de son dernier livre :

On y évoque des cas où des approches neuroplastiques exploitant le son, la lumière, la visualisation et le mouvement ont contribuées à améliorer l’état de santé de personnes souffrant de pathologies telles que la douleur chronique et le Parkinson. À travers ces exemples, Norman Doidge aborde les rouages de la neuroplasticité.

À la fin de l’entrevue, on parle de la méthode Feldenkrais qui ferait intervenir un des cinq mécanismes de la neuroplasticité : la neurodifférenciation. À partir de mouvements doux et inhabituels, faits pour créer de nouvelles distinctions dans notre expérience sensorielle, nous reprenons le chemin du changement et de l’apprentissage. Ces explorations bousculent de façon intéressante nos habitudes de mouvement problématiques et nous permettent de redessiner plus efficacement certaines cartes sensori-motrices. Tout cela contribue à mettre en place de nouveaux circuits neuronaux. Selon Doidge, l’approche développée par Moshé Feldenkrais  »utilise le mouvement pour parler au cerveau ».

À travers ses écrits, Norman Doidge revendique un changement de modèle dans notre conception du cerveau : considérer le mouvement comme un élément incontournable dans le développement de notre cerveau. Dans son nouveau livre, il nous invite à réviser les métaphores que nous utilisons pour parler du cerveau, à substituer l’image d’un cerveau machine -pré-câblé et immuable- pour celle d’un cerveau malléable, pouvant se développer et évoluer. Tout comme le faisait Moshé Feldenkrais!